L'hérétique

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Message par Elesiel le Mar 17 Sep - 1:26

Il faisait froid, ce jour là.

En réalité, ce n'était sans doute pas un caprice météorologique. Le Coerthas connaissait de telles températures depuis bien des siècles. Mais le garçon se sentait comme transpercé par la morsure hivernale.
Caché derrière une caisse, les cheveux poudrés par le frimas, il observa la Sainte Cité s'éloigner. Une part de lui-même lui intima de sauter du chariot bringuebalant, de rentrer chez lui. Une autre, tenta péniblement de réaliser que désormais, "chez lui" se résumait aux vêtements qu'il portait, à cette plaque d'oreille orange, qui était, soit dit en passant, laide et trop grande pour lui. Elle appartenait à son père, qui la lui avait offerte la veille. L'homme, pourtant connu pour être quelque peu benêt, avait peut-être senti le vent tourner.

Malgré la tempête d'émotions confuses qui s'agitait en lui, le silence avait quelque chose de surnaturel. Rien, pas même le son des battements de son cœur, ne lui parvint. Il tenta de remettre de l'ordre dans ses pensées. Le seul souvenir qui se présenta à lui fut celui du Tribunal du Saint-Office. C'était comme s'il y était à nouveau, avec la foule bruyante, ce garde qui lui tenait le bras. Son père, Eliottel, lui adressant un sourire confiant, avant de tourner la tête vers son épouse.
Tout devint noir.

La créature émit un long et puissant rugissement.

Le garçon, assoupi, ne se rendit pas compte, avant l'impact, qu'une crevasse dans le sol, sur le passage du chariot, l'avait projeté hors de sa cachette, droit vers la terre et son manteau blanc et glacé.

Etienne Girandole ouvrit les yeux. La chaleur du Thanalan était étouffante, la grotte qui lui faisait face, mal éclairée, la faible lumière dévoilant à peine un campement dans un état discutable. Le soleil éclairait son dos, produisant quelques reflets sur la plaque d'oreille orange, qui était, soit dit en passant, décidément bien laide.
L'individu que l'Elezen était venu chercher, un trafiquant de somnus, avait profité de la rêverie de son adversaire pour s'approcher en courant, un couteau à la main.
Le jeune homme porta la main au katana à sa ceinture, qu'il n'avait pas encore dégainé. Il devenait certain que la cible n'était pas disposée à se rendre.
Du pouce, il poussa très légèrement la garde de son arme hors du fourreau.

Etienne n'était pas prêt à mourir.
Elesiel
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Date d'inscription : 15/06/2016

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